Notre activité de recherche

Notre laboratoire est également porteur et acteur de projets de recherche. Cette activité de recherche est tournée vers la volonté de l’amélioration de l’offre de soins dans les pays qui choisissent de recourir à nos services. Actuellement, 3 projets sont en cours : « Chimie Verte », « QUAEDAf » et « ACOCAM ».

Chimie Verte

Ce projet d’innovation consiste à développer de nouveaux protocoles analytiques, performants et écologiques, pour le contrôle qualité des médicaments.

Il a pour but de vérifier la conformité d’un médicament et/ou des matières premières qui le composent avec la/les pharmacopée(s) de référence(s). Ces dernières fournissent les « monographies », protocoles analytiques qu’il convient de respecter scrupuleusement.

Ces monographies, différentes selon les formes pharmaceutiques (comprimés, préparations injectables, solutions orales, etc.), n’existent pas pour certains médicaments pourtant essentiels aux pays en voie de développement. De ce fait, elles sont :

  • Consommatrices de temps (mise en œuvre longue), de standards analytiques (produits coûteux), de réactifs (risques sanitaires, pollutions …).
  • Complexes à la mise en œuvre pour certains laboratoires peu développés.
  • Pas suffisamment robustes vis-à-vis de médicaments récents.

Ainsi, on observe une perte de productivité et de compétitivité pour l’ensemble des laboratoires recourant à ces monographies, ainsi que des problèmes de faisabilité et de santé publique (risques sanitaires et pollution) pour les structures des pays en voie de développement.

Objectifs

  • Introduire le procédé de contrôle qualité écologiquement responsable, en développant des méthodes en accord avec les préconisations de l’International Conference of Harmonisation (ICH, section Q2R8).
  • Renforcer les laboratoires nationaux des pays en voie de développement avec des protocoles analytiques simplifiés (temps, coûts et faisabilité), plus robustes, et moins dangereux (risques sanitaires).

Acteurs

  • Unité de recherche EA 4575 (Université de Bordeaux) - Pr Karen GAUDIN : Développements analytiques et pharmaceutiques appliqués aux maladies négligées et aux contrefaçons

Université de Bordeaux

  • Unité Mixte de recherche UMR 990 (INSERM / Université d'Auvergne) - Pr Bernadette BOUCHON, Dr Marie-Josèphe GALMIER : Imagerie moléculaire & Thérapie vectorisée

UMR 990INSERMUniversité Auvergne

  • ERT 18 (Université d’Auvergne / CRNH Auvergne) - Pr BEYSSAC Eric : «CIDAM - Conception Ingénierie Développement Aliment Médicament »

CRNHUniversité Auvergne

Unither Pharmaceuticals

QUAEDAf (Qualité des Anti-Epileptiques Dans l’Afrique sub-saharienne)

Ce sujet de recherche a pour but d'investiguer la répartition des faux anti-épileptiques (AEs) selon les différents types de points de vente (pharmacies, dispensaires, vendeurs de rue, etc.) dans différents pays francophones et anglophones de l’Afrique sub-saharienne. Une étude pilote, qui a uniquement concerné le Kenya et le Gabon dans un premier temps, a eu pour résultat l’identification de faux médicaments (dégradations totales ou substitutions) chez les vendeurs de rue..

Ces résultats prometteurs ont permis d’ouvrir un champ d’étude épidémiologique observationnelle multicentrique de type transversale permettant l’étude de la qualité des AEs sur 10 pays (francophones et anglophones) : Burundi, Congo (RDC), Bénin, Madagascar, Burkina Faso, Kenya, Nigeria, Ghana, Tanzanie, et Afrique du Sud.

Objectif Principal

Cartographier par zone de délivrance de médicaments, le degré de qualité des antiépileptiques défini selon les critères imposés dans la monographie du dit médicament.

Objectifs Secondaires

  • Déterminer des potentiels liens d’expositions entre la qualité du médicament et un certain nombre de variables.
  • La disponibilité de ces thérapeutiques sera également évaluée selon les coûts et la quantité de traitements disponibles par zone de délivrance selon les méthodes préconisées par l’OMS.
  • Identifier chaque élément d’une monographie donnée susceptible d’être sujet à de mauvaises interprétations, pouvant entrainer une hétérogénéité dans la conclusion sur la qualité du médicament.
  • De même, chaque faux médicament ou sous-standard contenant des molécules inconnues en quantités notables fera l’objet d’une procédure d’identification par des méthodes analytiques appropriées (spectrométries de masse et/ou résonnance magnétique nucléaire bi-dimensionnelle).

Le CHMP et ses partenaires interviennent dans ce projet à trois niveaux :

  • Réaliser le contrôle qualité des AEs prélevés dans les différents pays investigués, visant à isoler d’éventuels sous-standards ou médicaments contrefaits.
  • Réaliser une analyse critique de la spécificité et de la robustesse des monographies de référence.
  • Identifier les molécules trouvées dans les médicaments « sales » ou « contrefaits ».

Acteurs

Equipe de recherche porteuse du projet : INSERM UMR1094, Tropical Neuroepidemiology, Limoges, France. University of Limoges, School of Medicine en Pharmacy, Institute of Neuroepidemiology and Tropical Neurology, CNRS FR 3503 GEIST, Limoges, France
Directeur : Pr Pierre-Marie Preux

Investigateurs principaux : Pr Pierre-Marie Preux, Dr Voa Ratsimbazafy

PhD student portant le projet : M. Jeremy Jost

Collaborateurs scientifiques principaux : Neurosciences Unit, Institute of child health, University College London, London, UK
KEMRI-Welcome Trust Programme - Centre for Geographical Medicine (Coast) Kenya Medical Research Institute, Kilifi, Kenya
Directeur : Pr Charles Newton

Collaborateurs projet QUADEAf

Partenaires Techniques

CNRSICCFENSCCF

ACOCAM (Amélioration Coordonnée de l'Observance des traitements par ACT au Cameroun)

Le Paludisme représentait, en 2012, 27.5% de la morbidité générale au Cameroun, pays de forte endémo-épidémicité. Le PNLP (Programme National de Lutte contre le Paludisme), fait état de la résistance du Plasmodium à différents traitements, tels que la Chloroquine (depuis 1985), l’Amodiaquine et la Sulfadoxine-Pyriméthamine dans certains sites sentinels.

Il est ainsi hautement probable que dans le futur, apparaitront des souches de Plasmodium moins sensibles ou résistantes aux nouvelles thérapies utilisées pour combattre l’infection : une bithérapie regroupant un dérivé de l’Artémisinine avec une molécule partenaire (ACT-> Artemisinine-based Combination Therapy).

L’apparition de résistance est un phénomène découlant de deux problématiques :

  1. La mauvaise qualité du médicament, i.e. présence d’ACTs sous-standards et/ou contrefaits, réalité en Afrique et notamment au Cameroun, a un impact sur la mortalité mais aussi sur les résistances, en facilitant la sélection et la diffusion de souches plasmodiales de moindre sensibilité.
  2. La non-observance du traitement par les patients ou l’absence de détection et de traitement des cas d’échec après une première ligne thérapeutique (risque majeur de sélection et diffusion de parasites résistants).

Objectif Principal

Le but du projet est de contribuer à mieux connaitre certains facteurs favorisant l’apparition des résistances aux ACT dans des situations concrètes de soins, et, après expérimentation, de proposer des interventions de distribution des soins dans les secteurs publics et privés, en vue d'atténuer le risque d’apparition de ces résistances.

Objectifs Secondaires

  • Documenter et hiérarchiser les facteurs favorisant l’apparition de résistances aux dérivés de l’Artémisinine à partir de l’analyse des échecs observés.
  • Diminuer la fréquence des échecs thérapeutiques liés ou non à des résistances en apportant une aide à la formation des soignants et à l’observance par une méthode innovante et une stratégie globale intégrant toutes les structures de santé publiques et privées.

Le CHMP et ses partenaires interviennent dans ce projet à deux niveaux :

  • Réaliser le contrôle qualité des ACTs qui ont servi à traiter les patients participants à l’étude (notamment ceux qui se seront révélés résistants).
  • La recherche, dans l’urine des patients, de traceurs moléculaires attestants de la prise de l’ACT, dans l’optique de mettre au point une méthode de détection rapide constituant une aide à l’observance.

Acteurs

Porteur de projet : Réseau Médicaments et Développement (ReMeD)

Membres du consortium : Centre Humanitaire des Métiers de la Pharmacie (CHMP), Centre de Physiopathologie de Toulouse-Purpan (CPTP), INSERM UMR 1043 / CNRS UMR 5282 / Université Toulouse III

Partenaires : le Programme National de Lutte contre le Paludisme du Cameroun (PNLP), l'Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC), l'Ordre national des Pharmaciens du Cameroun, le Centre Pasteur du Cameroun (CPC).

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